14h30 // Le projet éducatif du Bund : entre rêve et réalité


 

LE PROJET EDUCATIF DU BUND : ENTRE REVE ET REALITE

Proposé par le Centre Medem –Arbeter Ring

Le Bund, parti socialiste juif défenseur de la culture yiddish et de la vie en diaspora, créé en 1897 à Vilnius, comportait un volet éducatif : il s’agissait de préparer, en yiddish, les générations à venir à l’avènement du socialisme. L’attention vouée à la jeunesse crût avec les années. Si, dans l’Empire russe, le Kleyner Bund (Petit Bund) ne constituait pas un élément central du projet bundiste, les mouvements de jeunesse Sotsyalistisher kinder-farband (Union socialiste pour enfants – SKIF) et Tsukunft (Avenir) se développèrent considérablement dans la Pologne de l’entre-deux-guerres. Créé en 1926, le sanatorium Medem, établissement médico-pédagogique avant-gardiste situé dans les environs de Varsovie, était une autre institution phare du Bund, dont la renommée dépassait les cercles socialistes juifs. Les bundistes appliquèrent aussi leur projet éducatif en migration, qu’il s’agisse des cours de yiddish de l’Arbeter-ring en Belgique ou aux Etats-Unis, des branches françaises ou australiennes du SKIF ou encore du préventorium Vladeck ouvert près de Paris sur le modèle du sanatorium polonais.

Mixte, inspiré par la psychanalyse et la pédagogie moderne de Korczak, le projet éducatif du Bund se projetait dans un monde meilleur, plus juste, plus égalitaire et ouvert aux minorités. A son apogée dans la Pologne de la fin des années 1930, dans un climat de fort antisémitisme et de montée des fascismes, ce projet était-il utopique? Après la Shoah, au lendemain de la destruction du sanatorium Medem, de la déportation de ses jeunes pensionnaires et de l’assassinat d’un million et demi d’enfants juifs, le Bund, à l’instar des autres mouvements juifs, reprit son activité pédagogique. Malgré l’adversité, croire en l’Homme, préparer un avenir sous de meilleurs cieux, le tout en yiddish, telle fut l’œuvre d’éducateurs bundistes aux quatre coins du monde. Partant de ses rêves et s’adaptant à la réalité de la guerre, du génocide, de la dispersion et de la complexité de la transmission, le Bund a persisté pour allumer sa flamme chez les plus jeunes. Plusieurs mouvements de jeunesse à travers le monde portent aujourd’hui encore une part de cet héritage bundiste.

Conférence de Constance Paris de Bollardière, historienne, chercheuse en post-doctorat au George and Irina Schaeffer Center for the Study of Genocide, Human Rights and Conflict Prevention, American University of Paris.

 Lieu :
Centre Medem –Arbeter Ring
52, rue René Boulanger, Paris 10e
5 €
Réservations auprès du Centre Medem : 01 42 02 17 08 ou par mail à centre-medem@orange.fr