L’édito du Président


 

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Le Festival des Cultures Juives 2017, sans crier gare, a renversé la tendance ambiante et a fait du Rêve, sa Réalité. Comme il n’est pas si facile de vaincre l’angoisse, la morosité, le malaise des temps que nous vivons, un impératif s’est très vite imposé : Rêvons !

Mais il ne faut pas se méprendre. Il ne s’agit pas d’un ordre, plutôt d’un conseil d’ami, d’une invitation au voyage, d’une main tendue qui en appelle d’autres. Porte ouverte à tous les possibles, le rêve est notre soupape de liberté, d’égalité et pourquoi pas de fraternité. Un rêve républicain et démocrate en somme ! Un rêve universel qui mélange les frontières, les langues, les cultures et les couleurs de peaux. Un rêve qui touche tout le monde, indifféremment depuis la nuit des temps.

Écrivant ces mots, je pense à Jacob, le patriarche qui fuyant Esaü s’en va vers Haran et s’arrête en route pour dormir. « Prenant une des pierres de l’endroit, il la mit sous sa tête et s’allongea. Et il rêva qu’il y avait une échelle reposant sur la terre et dont l’autre extrémité atteignait le ciel…. » Enfant, mille fois je me suis imaginé cette échelle qui relie la Terre au ciel et jusqu’à aujourd’hui, elle m’habite. Chacun de nous a son histoire et chacun de nous a ses rêves. J’aime le rêve au cœur de la Bible, de la poésie, de la musique, de la peinture.

Rêves spirituels, profonds, allegros, colorés, le Festival des Cultures Juives 2017 a tout pour vous emporter dans son tourbillon : concert jazzy du géant Michel Legrand en ouverture, Petit Prince en yiddish, chants judéo-espagnols de la divine Arielle Dombasle, rythme effréné de l’Israélien d’origine éthiopienne Gili Yalo. Et que dire de ce concert d’Esther Bejerano, l’une des dernières survivantes de l’orchestre des femmes d’Auschwitz qui, a 93 ans, rappe, parce que c’est ainsi qu’elle veut témoigner aujourd’hui.

Sans le rêve, pas d’Espéranto, né dans l’esprit d’un médecin juif polonais qui voulait que tous les hommes se comprennent ; pas de kibboutz ; pas Bauhaus et pas de cinéma américain…

« Il y a toujours un rêve qui veille », écrivait Louis Aragon dans  Les yeux d’Elsa.

Réveillez-le avec nous.

Ariel Goldmann
Président du Fonds Social Juif Unifié, de l’Appel Unifié Juif de France et de la Fondation du Judaïsme Français.