De 16h à 7h du matin // NUIT DU CINÉMA ISRAÉLIEN


NUIT DU CINEMA ISRAELIEN :
LA NOUVELLE VAGUE FEMININE

Le Festival des Cultures Juives est bien décidé à vous faire passer une nuit blanche…mais pas d’insomnie en perspective. Il s’agit là, de se faire plaisir, de s’accorder ce temps qu’on ne trouve jamais et de s’autoriser une folie : un marathon de 7 films, focalisé sur le phénomène le plus passionnant du cinéma israélien contemporain : le cinéma des femmes. De la comédie anti-militariste, à la chronique sentimentale et sexuelle ; du nouveau documentaire féminin au cinéma de la contestation sociale. Et, au coeur de la Nuit, un hommage à Ronit Elkabetz, l’icône du nouveau cinéma israélien.

Parce que le cinéma est une affaire sérieuse, c’est Ariel Schweitzer qui a conçu cette Nuit. Historien de cinéma, critique et enseignant (Paris 8, université de Tel-Aviv), Ariel Schweitzer est l’auteur des livres Le nouveau cinéma israélien (Yellow Now, 2013) et du Cinéma israélien de la modernité (L’Harmattan, 1997). Membre de la rédaction des Cahiers du cinéma, il est également le traducteur en hébreu des Notes sur le cinématographe de Robert Bresson et le commissaire de nombreuses rétrospectives consacrées à Bresson, Godard, Rivette, De Sica, Amos Gitai, David Perlov ou Uri Zohar.

Cette Nuit aura pour cadre le magnifique cinéma le Louxor grâce à l’enthousiasme de son directeur, Emmanuel Papillon. Rare rescapé des cinémas d’avant-guerre, le Louxor est un remarquable exemple de l’architecture antique des années 1920. La façade néo-égyptienne et les toitures sont d’ailleurs inscrites au titre de monument historique.
Après une Nuit bien remplie, nous partagerons vers 7h, ensemble, café et croissants frais avant d’aller dormir !


LA FEMME EST L’AVENIR DE L’HOMME ? 

En 2004, au festival de Cannes, Keren Yedaya remporte la Caméra d’or, prix décerné au meilleur premier film toutes sections confondues, grâce à Mon trésor. Il s’agit d’une récompense symbolique qui annonce le renouveau du cinéma israélien : première œuvre réalisée par une jeune cinéaste féministe qui envisage sa pratique cinématographique comme un prolongement de son militantisme social et politique. La même année, Prendre femme, première mise en scène de l’actrice Ronit Elkabetz (protagoniste de Mon trésor), coréalisée avec son frère Shlomi Elkabetz, est présenté en compétition au festival de Venise et rempote le prix du public. Le cinéma des femmes s’impose ainsi comme l’un des phénomènes les plus passionnants du cinéma israélien contemporain.

Peut-on parler d’une esthétique féminine dans le cinéma israélien ? La question mérite d’être posée. Quelle que soit la réponse, il ne fait pas de doute que les films réalisés par les cinéastes israéliennes sont marqués par un regard féminin, sinon une sensibilité féminine, qui tranchent radicalement avec une tradition cinématographique et, plus généralement, avec un système de valeurs largement viril, militariste, souvent machiste.

Mise à part ces deux œuvres charnières de Keren Yedaya et de Ronit et Shlomi Elkabetz, la Nuit du cinéma israélien présentera des œuvres nouvelles réalisées par des réalisatrices israéliennes ces trois dernières années, certaines inédites en France, films appartenant à des genres aussi variés que la comédie anti-militariste, la chronique sociale, le journal intime ou encore le nouveau documentaire. Ils témoignent tous de la vitalité de ce nouveau courant et de la dimension souvent subversive qui caractérise le regard féminin dans le nouveau cinéma israélien.
Ariel Schweitzer (curateur de la Nuit du cinéma israélien).


DEMANDEZ LE PROGRAMME !!!

16h : Présentation de la Nuit
16h30 : Comédie : Zéro Motivation, de Talia Lavie (2014, 100 min, VOSTFR)
18h30 : Le nouveau documentaire au féminin : The Wall, de Moran Ifergan (2017, 67 min, VOSTFR)
20h30 : Hommage à Ronit Elkabetz : Prendre femme de Ronit et Shlomi Elkabetz (2005, 97 min, VOSTFR). En présence de Shlomi Elkabetz.
22h30 : Cinéma de la périphérie : Valley, de Sophie Artus (2014, 85 min, VOSTFR) En présence de Sophie Artus.
00h30 : Chronique sentimentale et sexuelle : People That Are Not Me, de Hadas Ben Aroya (2017, 80 min, VOSTFR)
02h30 : La Religion en question : Mountain, de Yaelle Kayam (2016, 83 min, VOSTFR)
04h30 : La contestation sociale : Mon trésor, de Keren Yedaya (2004, 100 min, VOSTFR)

_______________________________________________

16h00 / La comédie anti-militariste
Zero Motivation, de Talya Lavie (2014, 100 min, vostf) avec Dana Ivgy, Neli Tagar, Shani Klein, Yuval Segal.
Un groupe de jeunes filles fait son service militaire à la section des ressources humaines de l’armée israélienne dans une base située au milieu du désert. Loin des combats et des valeurs héroïques, il s’agit plutôt d’un « éloge de paresse », un concours de la meilleure méthode pour faire passer le temps avant le retour à la vie civile. Une comédie intelligente, drôle et subversive qui a remporté un immense succès critique et public en Israël.

18h30 / Le nouveau documentaire au féminin
The Wall, de et avec Moran Ifergan (2017, 67 min, vostf)
Traversant une grave crise conjugale, la réalisatrice se rend quotidiennement au Mur des Lamentations à Jérusalem et observe avec sa caméra les étranges rituels des visiteurs du lieu. Elle en tire un journal intime, à la fois drôle et mélancolique, où sa vie privée est systématiquement confrontée à la grande histoire israélienne. Prix du meilleur film au festival Docviv en 2017.

20h30 / Hommage à Ronit Elkabetz
Prendre femme de Ronit et Shlomi Elkabetz (2005, 97 min, VOSTFR) avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian, Gilbert Melki.
Premier volet d’une trilogie autobiographique, poursuivie avec Les Sept jours (2008) et Le procès de Viviane Amsalem (2014), focalisée sur le personnage d’une femme confrontée à un environnement archaïque et patriarcal. Ici, Viviane se bat pour sa liberté et son droit de se séparer d’un mari qu’elle n’aime plus. Œuvre majeur du nouveau cinéma israélien qui a annoncé la naissance de la nouvelle vague féminine.

22h30 / Cinéma de la périphérie
Valley, de Sophie Artus (2014, 85 min, VOSTFR) avec Rotem Abuhab, Roy Nik, Shlomi Ohayon.
David déménage avec son père dans une nouvelle ville périphérique. Il repart à zéro, dans une nouvelle école, avec de nouveaux amis. C’est un jeune homme silencieux et timide dont la mère s’est suicidée. Il se met en retrait et se réfugie dans la musique et la lecture, avant de rencontrer des nouveaux amis qui font basculer sa vie. Chronique sociale à la fois brutale et tendre, Valley a remporté le prix meilleur premier film au Festival d’Haïfa.

00h30 / Chronique sentimentale et sexuelle
People That Are Not Me, de Hadas Ben Aroya (2017, 80 min, VOSTFR) avec Hadas Ben Aroya, Yonatan Bar-Or, Meir Toledano.
Joy est une jeune fille qui marche d’un pas déterminé. Elle a un chagrin d’amour mais cela ne l’empêche pas de coucher avec le premier venu. Portrait au vitriol de la jeune génération de Tel Aviv à l’heure de la communication virtuelle, ce premier film dirigé, produit et interprété par la réalisatrice est un véritable sismographe de son époque.
« Je voulais faire un film sur moi, sur mes amis et ma génération. Je voulais faire un film qui ne soit ni biographique ni pornographique, un film qui serait représentatif de ce que beaucoup de gens de mon âge traversent. » Hadas Ben Aroya

02h30 / La religion en question
Mountain, de Yaelle Kayam (2016, 83 min, VOSTFR). Avec Shani Klein, Avshalom Pollak, Haitham Ibrahem Omari.
Une jeune femme juive orthodoxe vit avec sa famille dans le cimetière juif situé sur le Mont des Oliviers à Jérusalem. Dans la journée, tandis que son mari et ses enfants sont à l’école, elle sort se promener dans le cimetière, tentant d’échapper aux interminables tâches domestiques. Une nuit, elle est le témoin d’une scène de sexe troublante. Hantée par cette image, elle commence à explorer ce nouvel univers que recèle la « montagne », tout en s’efforçant de ne rien laisser transparaître pendant sa vie quotidienne. Jusqu’à ce qu’elle n’y arrive plus. Film puissant, qui interroge sans tabou la place de la sexualité dans le monde religieux, sélectionné en 2015 aux festivals de Venise et de Toronto.

04h30 / La contestation sociale
Mon trésor, de Keren Yedaya (2004, 100 min, VOSTFR). Avec Ronit Elkabetz, Dana Ivgy, Meshar Cohen.
Ruthie et Or, une mère et sa fille de 17 ans, vivent dans un petit appartement à Tel-Aviv. Ruthie se prostitue depuis une vingtaine d’années. Or a déjà essayé plusieurs fois et sans succès de lui faire quitter la rue. Marqué par une performance inoubliable de Ronit Elkabetz et de Dana Ivgy, ce véritable chef-d’œuvre du nouveau cinéma israélien, Mon trésor a remporté la prestigieuse Caméra d’or au festival de Cannes, en 2004.

Lieu :

CINEMA LE LOUXOR / PALAIS DU CINEMA

170, boulevard de Magenta, Paris 10e

Tarif par film : 9,70 € / TR : 7,90 € / Carte 5 places : 34 € / Cartes 10 places : 57 € / UGC et Le Pass acceptées

Réservations : cinemalouxor.fr ou sur place